Les antidépresseurs et la réalité sur le terrain
Ce qui compte est le fait que le patient dépressif se fasse soigner rapidement afin de pouvoir surmonter sa dépression.
Que ce soit le résultat d’une psychothérapie, de la médication ou d’une combinaison des deux, n’est pas vraiment important.
Le patient dépressif consultera en premier lieu son médecin traitant, celui-ci étant en première instance la personne qui connait le mieux le patient.
Ceci constitue donc le premier pas des étapes à franchir.
De récentes analyses démontrent que le résultat des deux traitements est équivalent dans le traitement de dépressions légères et moyennes. Cela signifie que les deux traitements sont envisageables en fonction du choix du patient et de son médecin généraliste.
Encore faut-il savoir que tous les patients ne sont pas favorables à la psychothérapie, en général ce serait plutôt l’inverse.
Le patient se demande pourquoi le médecin généraliste leur demande de suivre une psychothérapie coûteuse et longue (de même pour la liste d’attente) alors que le traitement du médecin généraliste peut leur venir en aide par une simple médication.
De plus, les médicaments actuels sont plus fiables que les anciens tricycliques et leur degré de tolérance est meilleur, ce qui favorise la durée du traitement thérapeutique.
La peur de l’assureur, en l’occurrence le gouvernement, est le coût suscité par cette médication croissante, comme si le suivi d’une psychothérapie était gratuite et que l’absentéisme au travail ne consistait pas une charge pour l’employeur.
De là, il n’y a qu’un pas vers une publication inopportune à la presse, ce qui mine considérablement la confiance et donne l’aspect d’une image erronée du médecin généraliste.
En tant que présidente du Comité paritaire d’accréditation de médecine générale, j’ai été personnellement témoin du choix des cercles des médecins : l’updating de leurs connaissances en ce qui concerne la psychiatrie fut un de ces choix. Les mutuelles feraient mieux d’instaurer une ligne de conduite capable de mieux gérer les sources de la dépression et la manière de les traiter que d’agresser le médecin généraliste.
L’individualisation et l’isolement croissants, la solitude grandissante, une société devenue de plus en plus complexe, le creux qui s’agrandit entre aspirations et la réalisation de celles-ci, l’incompréhension et la difficulté toujours grandissantes et le manque d’adaptation au facteur humain dans un monde qui éclate et regorge d’informatique et de gadgets technologiques, c’est là où le bât blesse. Nous vivons un rythme trop soutenu, l’immédiat n’est plus assez rapide, le sens des valeurs prend trop de temps, par conséquent, non rentable au point de vue économique.
Le monde devient trop grand et trop technique, même pour la jeunesse.
La considération et le respect des hommes se perdent dans notre univers, à l’image de l’assureur médical qui, dans notre système de santé publique, écrase les valeurs du médecin généraliste par des commentaires inquiétants.
Et on se pose la question pourquoi les étudiants en médecine ne veulent plus devenir médecin généraliste.
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Dr Hilde Roels. Dr Roland Lemye
Présidente VAS Président de l’ABSyM
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